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Le Burundi dans l'impasse: certains extrémistes font du Rwanda leur bouc-émissaire depuis 2015.

Writer: PoliScoopPoliScoop



Le Burundi, ce magnifique pays d'Afrique de l'Est, est en proie à une crise sans fin. Il est difficile de comprendre les accusations infondées proférées par certains extrémistes à l'encontre du Rwanda sans approfondir notre analyse. En réalité, pour certains dirigeants politiques burundais depuis 2015, le Rwanda est étiqueté comme pays du "Tutsi" qu'ils cherchent à exclure de leur propre pays.

Il convient de souligner que l'histoire du Burundi est jalonnée de drames, depuis l'assassinat du Prince Louis Rwagasore, héros de l'indépendance, jusqu'au règne de Ndayishimiye, en passant par les régimes issus de coups d'État militaires, l'assassinat de Melchior Ndadaye et la rébellion du CNDD-FDD. Seules quelques années de répit ont été observées sous le régime du Colonel Bagaza, qui a su mettre en place une politique économique claire et une vision ambitieuse. De nombreux observateurs et l'opinion publique burundaise s'accordent à dire que c'est à cette époque que le pays a connu son dernier essor économique, grâce à un dirigeant concentré sur les véritables problèmes du pays et de ses citoyens, plutôt que sur des considérations ethniques ou des quotas. Bagaza est unanimement reconnu comme le bâtisseur du Burundi actuel, avec ses infrastructures, ses industries, son armée et son secteur public. Toute l'Afrique, et plus particulièrement la région, aspire à voir renaître ce Burundi qui résout les problèmes de sa population, au lieu de blâmer un ennemi imaginaire qui, lui, continue de se développer en se concentrant sur l'essentiel.


«De tous mes prédécesseurs envers lesquels je suis respectueux pour avoir développé notre pays, le président Bagaza, vient en tête ». Pierre Nkurunziza (Président du Burundi 2005-2020)


La venue du CNDD FDD en 2005 et la fin de la guerre était aussi vue par plusieurs Burundais comme un espoir de réconciliation entre les Burundais, une façon de dire adieux aux esprits iniques de division et d'exclusion entre frères grâce à l'accord d'Arusha. Le président Nkurunziza alors chef d'une rébellion, accède au pouvoir grâce aux élections parlementaires prévues par l'accord d'Arusha. D'un coup tous les burundais oublient son côté rebel, il se convertit en pasteur charismatique. Il n'hésite pas de dancer, sauter et même chanter, il parcourt les églises et s'octroie une nouvelle image. Bref, il parvient à se faire amnistier de tous ses crimes passés sans l'intervention de la commission vérité et réconciliation, tellement les burundais ont marre de la guerre, et veulent espérer...


Cet espoir ne fera pas long feu. Les Burundais commencent à se rendre compte que la corruption devient galopante, vous vous rappellerez de la vente de l'avion présidentiel, le Falcon 50, les massacres des FNL de Muyinga jetés dans la Ruvubu etc. Les conflits internes au sein du parti au pouvoir éclatent. Nkurunziza et Radjabu, alors président du CNDD FDD divorcent, la fronde s'organise au sein du parti de façon inquiétante. Le CNDD FDD est désormais divisé, Nkurunziza le pasteur va alors chercher une ruse pour créer un ennemi externe au parti, il va raviver la flamme ethnique pour souder son parti et se transformer en sauveur des Hutu. Mais comment y arriver? Une idée de génie lui vient en tête. Il faut piétiner l'accord d'Arusha et ainsi trouver un ennemi extérieur au parti de l'aigle. Visiblement en 2015, le troisième mandat de Nkurunziza avait pour mission l'enterrement de cet accord qui prévoyait un partage de pouvoir entre les deux principales ethnies, les Hutu et les Tutsi. Le débat tournait autour de la légalité de ce mandat et deux textes devaient être analysés à savoir l'accord d'Arusha qui était très clair sur cette question et la constitution de 2005 qui était un tout petit peu ambiguë sur ce point. La décision de Nkurunziza de jeter à l'oubliette cet accord aura un effet surprise: une nouvelle fronde s'organise au sein même du parti au pouvoir.

 Le mandat est contesté à l'interne, la fronde est interne: Leonidas Hatungimana, porte-parole du président, suivi d’Onésime Nduwimana, ancien porte-parole du parti, Geneviève Kanyange, la patronne de la Ligue des femmes du parti, Anselme Nyandwi, commissaire provincial et gouverneur de Bubanza, Moise Bucumi, député et membre du conseil consultatif du Cndd-Fdd, en même temps vice-président de la commission chargée du suivi évaluation du parti. François Barahemana, commissaire provincial du Cndd-Fdd et chargé de la communication en mairie de Bujumbura, Jean Berchmans Niragira secrétaire permanent au ministère de l’énergie et des mines, Oscar Ndayiziga, député, Gabriel Ndayiziga, cadre à la CNTB, Jean Berchmans Simbakwira, conseiller principal à l’Assemblée nationale, et président du conseil communal de Mishiha, Dismas Nduwayo, conseiller à la 2ème vice-présidence, et commissaire de la ligue des jeunes dans la commune de Ryansoro, Edouard Sugumwe, de la circonscription de Ruyigi. Ont également signé Evariste Sabiyumva, secrétaire du conseil national consultatif, et président du conseil communal de Bugenyuzi, l’ingénieur Audace Nimpagaritse, Cyriaque Niyihora, secrétaire permanent au ministère de la jeunesse, Epimaque Ntwari, et Anicet Ndemera, président communal du Cndd-Fdd à Mugamba.

La contestation contre ce mandat a été faite par les membres du CNDD eux même et non par une autre ethnie ou un autre pays.



Il convient de rappeler que les relations diplomatiques entre le Burundi et le Rwanda étaient d'excellente qualité avant la survenue de la crise en 2015. Les présidents des deux pays entretenaient des liens étroits et se témoignaient un profond respect mutuel. Pour ne citer que quelques exemples parmi tant d'autre, il est à souligner que le Rwanda, à plusieurs occasions, a apporté une contribution financière au Burundi au sein de la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC). Il est également important de noter que lors de l'incendie tragique qui a ravagé le marché central de Bujumbura le dimanche 17 janvier 2013, le Rwanda a été le seul pays à venir en aide au Burundi pour éteindre les flammes, bien que le marché demeure encore en ruines à ce jour au moment de la publication de cet article.



Cependant, tout a basculé lorsque les manifestations ont évolué en un coup d'État le 13 octobre 2015. Ce coup d'État était une conséquence logique de la crise interne au sein du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Les quelques organisations de la société civile qui ont également appelé à manifester ne faisaient qu'amplifier le mécontentement déjà grandissant au sein du parti et de l'armée. Il est important de préciser que le général-major Niyombare Gaudefroid, à la tête de cette tentative de coup d'État, n'est ni Rwandais, ni Tutsi. Niyombare, ancien compagnon d'armes de Pierre Nkurunziza pendant la rébellion, a occupé le poste de chef d'état-major de l'armée burundaise en 2009, puis celui d'ambassadeur du Burundi au Kenya en 2013. En 2014, il a été nommé à la tête des Services de renseignements burundais (SNR). C'est lui qui a tenté de renverser Nkurunziza en 2015, mais le coup d'État a échoué. C'est à ce moment précis que le plan de Nkurunziza a réussi. Il a saisi cette opportunité pour attribuer ces événements aux Tutsi. Une purge au sein de l'armée a commencé, où les soldats Hutu ont reçu l'ordre d'éliminer leurs frères Tutsi, les accusant de complicité avec les putschistes ou les rebelles.




La plupart des individus ont pris la fuite vers les camps de réfugiés au Rwanda, tandis que d'autres ont cherché refuge en Tanzanie ou en République démocratique du Congo. Certains, bénéficiant de ressources financières plus importantes, ont choisi de s'établir en Occident. Malheureusement, les civils tutsi innocents ont été pris pour cibles par les forces de police ainsi que par les redoutables miliciens Imbonerakure, qui exercent désormais leur pouvoir en toute impunité.


Le Rwanda a été injustement critiqué pour avoir accueilli ces réfugiés qui fuyaient les dérives du régime de Nkurunziza. Les réfugiés ont été stigmatisés en tant que putschistes, ennemis de l'État, voire qualifiés de "chiens errants" (Mujeri).


Nous ne pourrons oublier le courage de Hafsa Mossi, députée de l'Assemblée législative de l'Afrique de l'Est (EALA), qui a versé une larme lors de sa visite au camp de Mahama. Malheureusement, cet acte lui a coûté la vie. Les membres radicaux du CNDD-FDD n'ont pas toléré qu'elle pleure pour les "ennemis du pays", et encore moins au Rwanda. Cependant, il ne s'agissait là que de l'expression d'une mère face à des milliers d'enfants contraints de fuir un gouvernement censé les protéger.



L'honorable Hafsa Mossi a été tragiquement assassinée le mercredi 13 juillet 2016 à 10 heures et demie à Gihosha, sur l'avenue Nyankoni, simplement parce qu'elle avait versé cette larme devant les pauvres réfugiés au Rwanda. Entre 2015 et 2020, le régime de Nkurunziza a organisé des manifestations anti-Rwanda et proféré des insultes à l'encontre du président Paul Kagame.

Après le décès "inopiné" du président Nkurunziza dans des circonstances non encore élucidées, le président Ndayishimiye semblait vouloir se dissocier de ces pratiques de son prédécesseur. Malheureusement, les problèmes au sein du parti au pouvoir semblent récurrents, et la lutte pour le pouvoir entre les leaders du CNDD-FDD est loin d'être terminée. Nous avons encore assisté à un nouveau scénario Nkurunziza-Radjabu, cette fois impliquant Ndayishimiye et Bunyoni. Ils échangeaient des messages mesquins dans des églises et lors de leurs discours. Comme pour Radjabu, ces rivalités internes ont abouti à l'arrestation du puissant Premier ministre et à sa condamnation à perpétuité. Personne ne peut affirmer que Bunyoni était le dernier "Mutama" à aspirer de manière sournoise à la magistrature suprême. Qui sera le prochain ? Le président actuel du parti Mr Révérien Ndikuriyo pourrait aussi être dans la ligne de mire.

Pendant ce temps, la crise économique s'aggrave avec le manque de devises qui paralyse tous les secteurs, en particulier le transport. Est-ce cette crise qui a poussé le Burundi à transformer son contingent en RDC en une force mercenaire lors de sa mission de maintien de la paix au sein de l'EAC ? Est-ce l'envie de combattre les RED Tabara, qui opèrent à partir de la RDC et du Burundi ? Est-ce le désir de soutenir les milices génocidaires telles que le FDLR pour tuer davantage de Tutsis congolais qui les a poussés à agir ainsi ? L'intervention controversée du Burundi en RDC apporte sans doute quelques dollars au régime de Bujumbura, mais elle coûte trop cher à l'armée burundaise et au Burundi en général, en vies humaines, en prisonniers de guerre et surtout en ternissant sa réputation par cette guerre sans fondement. (Voir la vidéo ici)




Avec cette guerre en RDC, le Burundi est non seulement engagé dans un conflit armé avec le gouvernement de Tshisekedi, mais les médias pro-gouvernement mènent également une guerre médiatique en blâmant le Rwanda. Ikiriho est en tête de cette liste, et nous allons en discuter dans les paragraphes suivants.

Récemment, le mouvement politico-militaire RED Tabara, qui s'oppose au pouvoir du CNDD-FDD, aurait mené deux attaques contre les militaires burundais, revendiquées d'ailleurs sur leurs comptes Twitter.



Ils affirment avoir attaqué le poste-frontière de Vugizo en Zone Gatumba le vendredi 22 décembre 2023. Bien que le gouvernement n'ait pas ouvertement accusé le Rwanda, certains médias réputés proches du pouvoir de Bujumbura et des services de renseignement, comme le média Ikiriho dirigé par Donatien Ndayishimiye, n'ont pas hésité à remuer la plaie en inventant des histoires invraisemblables. Il semble que certaines personnes ne soient pas satisfaites du rétablissement des relations qui commençaient à revenir à la normale. Le Burundi Forum, par exemple, n'aura même pas honte d'affirmer que le RED Tabara opère à partir du territoire rwandais.




Il est important d'analyser ces événements de manière objective et lucide afin de comprendre ce qui se cache derrière ce type de communication. En raison de sa notoriété gagnée grâce au leadership éclairé du président Paul Kagame, il est devenu évident que toute personne cherchant à détourner l'attention ou à promouvoir des intérêts particuliers utilise le nom du Rwanda pour attirer l'attention des médias. Cette technique est même utilisée par les médias internationaux, où ils peuvent choisir de faire du Rwanda le titre principal de leur journal pour générer des vues sur Internet, même si leur contenu contient neuf autres éléments d'informations majeurs.

Ce genre de stratégie est aussi souvent utilisé pour détourner l'attention des problèmes réels de certains pays. Nous avons vu cela se produire au Burundi lors du troisième mandat de Nkurunziza, Tshisekedi sans bilan a usé de la même ruse.


Si les proches de Ndayishimiye veulent suivre cette même voie, cela serait dommage mais ne serait pas surprenant, car le Burundi est confronté à de nombreux problèmes. Il est crucial donc de ne pas se laisser entraîner par des discours de diversion et de garder un esprit critique face à ces stratégies de communication. Il est essentiel de se concentrer sur les problèmes réels auxquels le pays est confronté et de rechercher des solutions constructives pour les résoudre: les devises, l'essence, le sucre, le charbon...?



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